74 % : c’est la part des trajets quotidiens effectués en voiture en France en 2023. Ce chiffre, massif, ne s’essouffle pas malgré la montée en puissance des mobilités “vertes” et les efforts des pouvoirs publics pour limiter la place de l’automobile. Dix ans que la tendance ne bouge guère, alors même que les réseaux de transports collectifs s’étendent dans les grandes agglomérations.
Pour les moins de 25 ans, surtout en ville, la donne évolue : mobilités douces, partagées, tout y passe. Mais dès qu’il s’agit de parcourir plus de kilomètres ou de gagner en liberté, la voiture reprend le dessus, même dans les centres urbains les plus denses.
Panorama des modes de transport les plus utilisés en France
La France façonne sa mobilité à l’image de ses paysages : contrastés, morcelés, parfois inégaux. La voiture règne en maître, notamment dans les campagnes où l’offre alternative est quasi inexistante. Près de trois Français sur quatre privilégient l’auto au quotidien, selon les grandes enquêtes nationales. Ce n’est pas une question de caprice, mais une nécessité, surtout loin des grandes métropoles où le réseau de transports en commun se densifie progressivement.
Dans les centres urbains, la situation se transforme. Les transports en commun séduisent de plus en plus : métro à Paris, tramway à Nantes, bus à Lyon… Ces infrastructures sont devenues indispensables pour désengorger les villes et répondre aux attentes d’une population plus jeune, en quête à la fois d’efficacité et de solutions respectueuses de l’environnement. Métro, tramway, bus, RER, TER : chacun a son public, ses usages, ses avantages.
Pour mieux comprendre les choix des Français, voici une présentation des principaux modes de transports et de leurs caractéristiques :
- Train : solution appréciée pour sa rapidité et son impact environnemental limité, le train attire surtout les citadins pour les grands trajets. Mais il reste cher et vulnérable aux mouvements sociaux, ce qui freine son adoption à grande échelle.
- Avion : utilisé principalement pour les longues distances, l’avion est jugé coûteux et polluant. Il reste marginal dans la vie quotidienne.
- Vélo et marche à pied : en plein boom dans les centres-villes, ces deux modes incarnent la simplicité et la souplesse urbaine. Paris, à l’image d’Amsterdam, multiplie les pistes cyclables et zones à faibles émissions pour encourager leur adoption.
D’autres pratiques prennent de l’ampleur : covoiturage chez les jeunes pour réduire les frais, autopartage pour mutualiser les véhicules, trottinette électrique pour gagner du temps sur les derniers mètres. Le choix s’élargit, mais l’automobile reste, pour l’instant, le pilier de la mobilité en France.
Pourquoi la voiture reste-t-elle incontournable dans le quotidien des Français ?
Impossible de passer à côté : la voiture occupe toujours une place centrale dans la vie des Français. Hors des grandes villes, elle s’impose comme l’unique solution pour aller travailler, parcourir de longues distances ou simplement accéder aux commodités. Si cette domination perdure, c’est avant tout parce que l’organisation du territoire, réseau routier dense, habitat dispersé, rareté des alternatives, la rend quasiment indispensable pour des millions de personnes.
Quelques chiffres donnent la mesure : la voiture thermique reste omniprésente, même si les achats de véhicules hybrides et électriques progressent, stimulés par des aides gouvernementales. Pourtant, l’automobile reste l’un des modes les plus émetteurs de CO2 : 135 g de CO2 par kilomètre en moyenne pour une voiture essence de taille moyenne. Le débat environnemental monte donc en puissance, mais le besoin de liberté et de flexibilité l’emporte encore largement dans les choix quotidiens.
Le télétravail a bien réduit certains déplacements. Mais pour beaucoup de ménages, la voiture demeure le seul moyen fiable pour jongler entre travail, vie familiale et loisirs. Plus on s’éloigne des métropoles, plus l’offre de transports collectifs s’amenuise. Dans ce contexte, la voiture, qu’elle soit individuelle ou partagée, reste la solution la plus simple et la plus adaptée à la réalité du terrain.
Train, vélo, transports en commun : quelles alternatives séduisent les jeunes et les urbains ?
En milieu urbain, la mobilité prend un tout autre visage. Les jeunes actifs et étudiants misent sur les transports en commun : métro, tramway, bus, RER. À Paris, le métro affiche une empreinte carbone bien inférieure à la voiture, avec 3,8 g de CO2/km, tandis que le tramway fait encore mieux à 3,3 g de CO2/km.
Le vélo s’impose aussi, surtout pour les déplacements courts. Les grandes villes françaises, de Paris à Strasbourg, investissent dans les pistes cyclables, suivant l’exemple d’Amsterdam. Un vélo classique ne génère que 21 g de CO2/km, l’électrique à peine plus. Ce sont des alternatives concrètes, accessibles et efficaces.
Mais la jeunesse urbaine ne se limite pas à ces solutions. Le covoiturage et l’autopartage gagnent du terrain, offrant la possibilité de partager les frais et de réduire la congestion. Les trottinettes électriques complètent l’offre pour les derniers kilomètres, même si leur impact environnemental reste perfectible (environ 25 g de CO2/km).
Ce qui était autrefois vu comme marginal devient désormais une nouvelle norme pour beaucoup : diversifier ses moyens de transport, mixer les solutions selon les besoins, réduire son budget… Le train, quant à lui, séduit sur les longues distances pour son confort et sa rapidité, malgré le frein du prix et la récurrence des grèves. Le paysage urbain français se transforme, porté par une jeunesse en quête d’efficacité et d’écologie.
Les tendances émergentes qui pourraient changer nos habitudes de mobilité
L’écomobilité s’invite dans le quotidien. La transition vers les véhicules hybrides, amorcée en 2023, s’accélère avec le soutien des pouvoirs publics et la pression de l’Europe. La loi mobilités trace la voie : renforcer les transports du quotidien, simplifier l’accès aux nouvelles solutions, faire évoluer le modèle vers plus de sobriété. L’horizon se dessine : neutralité carbone d’ici 2050, selon les objectifs européens.
Les habitudes changent. Covoiturage et autopartage s’installent, appuyés par des plateformes comme BlaBlaCar et dopés par la généralisation du télétravail. Moins de trajets domicile-travail, plus de flexibilité : la géographie des déplacements évolue. Les Français diversifient leurs modes de transport, poussés par l’envie d’économiser, de préserver leur santé, de réduire leur impact sur la planète.
Voici les grandes directions qui s’imposent dans les comportements récents :
- La présence de plus en plus marquée de véhicules électriques sur les routes, encouragée par des mesures incitatives.
- L’essor des transports en commun et des infrastructures cyclables dans les villes.
- Le développement de solutions de partage et de mobilité multimodale, qui facilitent l’alternance entre plusieurs modes de déplacement.
Le concept de transport durable s’ancre dans les esprits, surtout chez les jeunes actifs et dans les grandes métropoles. D’après les études OpinionWay et Drivalia, la diversification des pratiques progresse, marquant la fin de la toute-puissance automobile. Progressivement, la mobilité française s’invente un nouvel équilibre. La voiture ne disparaît pas, mais elle partage désormais la route avec une palette toujours plus large de solutions.



